Pas de Virus dans la Sclérose en Plaques !
UN EVENEMENT FORTUIT ET DECISIF
C'est alors que s'est produit un événement fortuit qui allait me conduire à m'intéresser à la Sclérose en Plaques.
Le 29 avril 1967 se présente à ma consultation une femme, âgée de 58 ans, ayant une arthrose vertébrale très douloureuse et qui avait aussi, depuis une trentaine d'années, une Sclérose en Plaques, diagnostiquée en milieu hospitalier, et confirmée par les nombreux neurologues qu'elle avait consultés au cours des années.
Quand j'ai vu cette malade, elle avait un tremblement gênant des membres supérieurs et un déséquilibre important l'obligeant, depuis des années, à se déplacer avec deux cannes.
Malgré ce handicap, elle continuait à tenir une petite boulangerie sur un marché qui se tient quotidiennement dans la Vieille-Ville de Nice où son courage faisait l'admiration de tout le monde.
Je lui fais donc suivre le traitement dans le but d'améliorer ses douleurs vertébrales.
Quelques semaines plus tard je revois cette malade. Ses douleurs vertébrales avaient commencé à s'atténuer et il lui semblait que le traitement avait provoqué une très légère amélioration du tremblement de ses membres supérieurs et de son déséquilibre.
Cette malade était ravie de me faire part de ses constatations. Quant à moi, j'étais très étonné que mon traitement ait pu avoir une action sur la Sclérose en Plaques.
A l'époque je connaissais très mal cette maladie. J'en avais vu deux ou trois cas au cours de mes études mais, depuis que j'exerçais, je n'en avais jamais rencontré.
Immédiatement, je consultai plusieurs livres de neurologie. Tous signalaient que la Sclérose en Plaques se rencontre essentiellement dans l'Hémisphère Nord et les pays industrialisés. Elle est très rare dans l'Hémisphère Sud et les pays en voie de développement.
Toutes les Enquêtes épidémiologiques de l'époque mettaient en évidence cette répartition géographique. Ce qui se confirme toujours en 2008.
La Sclérose en Plaques a été décrite, pour la première fois le 14 mars 1868, par le neurologue français Jean-Martin CHARCOT (1825-1893), considéré comme "le père de la neurologie moderne".
Classiquement elle est considérée comme une maladie virale, comme je l'ai indiqué au début de cet exposé. Mais, depuis 1868, personne n'a pu mettre en évidence la présence d'un virus et même fournir de preuves, directes ou indirectes, de l'existence d'un virus dans cette affection neurologique.
La Sclérose en Plaques étant une maladie très rare dans les pays en voie de développement, tout naturellement, j'ai pensé qu'elle pouvait être, également, une maladie de civilisation.
En plus, elle se retrouvait parmi les affections neurologiques répertoriées dans les complications tardives de l'électrocution ce qui, à mon avis, était un élément supplémentaire prouvant l'absence de virus.
Les sclérosés en plaques sont des malades qui savent parfaitement observer leur état et analyser leurs troubles.
Cette malade, atteinte de Sclérose en Plaques, me signala, très rapidement, que ses troubles moteurs pouvaient facilement se modifier au cours de la même journée. Il suffisait qu'elle soit stressée, qu'elle ait un petit ennui pour qu'immédiatement, ses troubles moteurs s'accentuent d'une façon passagère.
Au bout de quelques minutes, de quelques heures quand le stress avait été assez important, elle retrouvait son état initial.
C'est pratiquement tous les jours qu'elle faisait de telles constatations.
Les livres de neurologie ne signalaient pas cette sensibilité très particulière des sclérosés en plaques au stress. Au cours des années suivantes, ce sont des milliers de sclérosés en plaques qui m'ont indiqué avoir fait des constatations semblables.
Des malades m'ont même précisé qu'un stress important avait été capable de déclencher une véritable poussée.
Ces constatations faites par les malades me firent, tout d'abord, penser qu'il ne doit pas y avoir de lésions définitives au niveau du Système Nerveux Central car, dans ce cas, une accentuation uniquement passagère des troubles moteurs serait impossible.
Ces constatations m'ont surtout convaincu qu'il n'y a pas de virus dans la Sclérose en Plaques car on voit mal comment un virus pourrait déclencher une poussée à la suite d'un stress.
Dès 1967 j'ai formulé une théorie sur une cause multifactorielle de la Sclérose en Plaques mettant en jeu deux facteurs. Un facteur génétique, de prédisposition, et un facteur d'environnement, en l'occurrence la pollution électromagnétique.
L'amélioration constatée rapidement par la boulangère du Vieux-Nice était une réalité.
Au bout de six mois de traitement, en suivant strictement les conseils d'hygiène générale et en prenant chaque jour un bain de mer, le tremblement de ses membres supérieurs avait pratiquement disparu. Son déséquilibre s'étant considérablement amélioré au cours des mois, à la fin de l'été, elle pouvait se déplacer sans ses cannes.
Si cette malade n'était pas venue me consulter ce 29 avril 1967, je ne me serais jamais intéressé à la Sclérose en Plaques et cette affection serait toujours pour moi la plus mystérieuse des maladies, comme ne cessent de le répéter depuis des dizaines d'années les professeurs français spécialistes de la maladie.
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