Il est très difficile de faire accepter des idées scientifiques nouvelles ...

GROSSESSE ET SCLEROSE EN PLAQUES

Quand, à partir de 1968 j'avais commencé à voir très régulièrement des sclérosés en plaques, j'avais été étonné de constater que ces malades étaient traités par une corticothérapie au long cours.

J'avais également été étonné par deux recommandations données par les spécialistes : interdiction des vaccinations et interdiction des grossesses.

Les neurologues ayant décidé que la Sclérose en Plaques est causée par un virus, ils interdisaient toutes les vaccinations.
Considérant cette hypothèse peu vraisemblable, je ne me suis jamais opposé aux vaccinations et j'ai toujours recommandé la vaccination contre la grippe, cette affection pouvant être à l'origine d'une forte poussée.

La Sclérose en Plaques débutant souvent chez les femmes encore jeunes, le problème de la grossesse s'était rapidement posé.
Quelques neurologues avaient constaté qu'une poussée pouvait survenir en cours de grossesse ou quelques temps après l'accouchement.
Mais cela n'était pas la règle.
De même, il arrivait que les premiers signes de la maladie apparaissent après un accouchement chez une jeune femme jusque là en bonne santé.

En se basant sur ces quelques observations, sans procéder à aucune étude d'envergure, quelques professeurs spécialistes de la maladie décrétèrent que la grossesse était très dangereuse et ne pouvait qu'aggraver la maladie. Rapidement cette opinion fut acceptée par l'ensemble des neurologues français et, par la suite, par tous les gynécologues.

Cet interdit eut souvent des conséquences catastrophiques. Quand on découvrait la maladie chez une jeune fille, on lui laissait entrevoir la perspective d'une paralysie progressive mais, en plus, on lui faisait comprendre qu'elle devait abandonner toute idée d'être un jour mère.
Il est facile d'imaginer ce qui arrivait quand la jeune fille était sur le point de se marier. Très souvent le fiancé reprenait sa parole.
Quand il s'agissait d'un jeune couple n'ayant pas encore d'enfant, cela entraînait souvent le divorce.
Les premiers temps, je n'avais aucune idée sur ce problème mais, par la suite, j'ai eu l'occasion de voir d'assez nombreuses sclérosées en plaques ayant eu, précédemment, une ou plusieurs grossesses alors que la maladie s'était déjà déclarée.
Toutes m'expliquèrent que, durant la grossesse, elles avaient constaté une nette amélioration des troubles de la maladie. Sans que cela soit expliqué par les neurologues.
Quand une malade vous fait part d'une constatation, on peut supposer qu'il s'agit d'une coïncidence. Mais quand de nombreuses malades ont fait les mêmes constatations, cela mérite qu'on essaie d'en comprendre la cause.
Vraisemblablement, au cours d'une grossesse, des modifications biologiques devaient se produire dans l'organisme de toutes les femmes. Elles passaient inaperçues chez une personne en bonne santé mais chez une sclérosée en plaques, elles pouvaient entraîner une amélioration des troubles.

Je me suis alors renseigné auprès d'un gynécologue. Il m'apprit que durant toute la grossesse les glandes surrénales produisent une quantité de cortisone plus importante, dont le taux redevient normal après l'accouchement.
Cette précision était suffisante pour expliquer l'amélioration ressentie par les sclérosées en plaques durant leur grossesse. Sans le savoir, elles étaient soumises à une corticothérapie légère mais suffisante pour améliorer leur état.
Après l'accouchement, elles se trouvaient brusquement privées de ce surplus de cortisone et c'est à ce moment que des malades pouvaient accuser une grande fatigue et, certaines, faire une poussée.
Sans plus attendre, dès que j'ai eu l'occasion de voir des jeunes femmes n'ayant pas encore d'enfant, je ne leur interdis pas une grossesse. Et aux femmes ayant déjà un enfant et en désirant d'autres, je ne m'opposais pas à un tel projet.
J'ai traité des sclérosées en plaques durant vingt deux ans et elles ont été très nombreuses à avoir eu un ou plusieurs enfants, sans que leur état se soit dégradé.
A toutes ces malades, je conseillais seulement d'être très vigilantes et de suivre très scrupuleusement mes conseils d'hygiène générale pour éviter les agressions électriques.

Le plus difficile était de persuader les jeunes sclérosées en plaques d'avoir une grossesse car les professeurs continuaient à être formels : la grossesse est très dangereuse pour la Sclérose en Plaques.

Le 24 novembre 1992, deux professeurs, Membres du Comité National de la Sclérose en Plaques, qui avait alors pris le nom de "Ligue Française conte la Sclérose en Plaques" ont répondu, en direct, aux auditeurs d'Europe 1.
A propos des vaccinations le Président de la Ligue fit cette remarque :
"On s'est battu durant plusieurs années, mais on est maintenant d'accord.
Il n'y a pas de danger à se faire vacciner."
Il recommanda même aux sclérosés en plaques de se faire vacciner contre la grippe.
Il aura fallu plus de 20 ans à ces professeurs pour réaliser que les vaccinations ne sont pas dangereuses pour de tels malades.
Répondant ensuite à une question sur les régimes alimentaires pour traiter la Sclérose en Plaques, ce même professeur a précisé qu'aucun régime alimentaire n'avait fait la preuve de son efficacité.

Ce fut ensuite l'autre professeur qui répondit à une question concernant la grossesse.
Voici l'intégralité de sa réponse que j'avais, alors, enregistrée :
"C'est une question qui a été débattue et, pendant longtemps, il a été considéré que la grossesse pouvait être un facteur aggravant de la maladie. Si bien que pendant très longtemps sans qu'on ait fait d'études d'ailleurs, on a déconseillé les grossesses.
C'était une simple remarque que s'étaient faite les neurologues de l'époque.
Depuis, on a fait des études très précises et maintenant, je crois qu'on peut vraiment affirmer que la grossesse n'est pas un facteur aggravant de la Sclérose en Plaques.
On a même constaté que durant la grossesse, les poussées étaient plutôt moins fréquentes. Quelquefois il peut y avoir un petit rebond, en fin de grossesse mais, en tout cas, ce n'est sûrement plus une contre-indication à la grossesse.
La grossesse n'est plus une contre-indication, en elle-même à la Sclérose en Plaques."

Cette réponse est scandaleuse et révoltante !
Sans paraître gêné, ce professeur venait de reconnaître que l'interdiction de grossesse, donnée depuis près de 30 ans aux jeunes sclérosées en plaques, avait été décidée, sans étude d'envergure et sur une simple remarque que s'étaient faite quelques neurologues.
Cela dépasse l'entendement pour une décision d'une telle gravité.
Pour décharger sa responsabilité, ce professeur accusait "les neurologues de l'époque" d'avoir pris cette décision. Mais, par la suite et durant une trentaine d'années, tous les neurologues français avaient, eux aussi, donné ce scandaleux conseil aux jeunes sclérosées en plaques.
Ce professeur reconnaissait que les poussées étaient moins fréquentes durant la grossesse mais il n'avait certainement pas cherché à en comprendre la cause.

Ce neurologue avait, en plus, fourni un renseignement totalement inexact en indiquant que, depuis, on avait fait des études très précises. En 1992 aucune étude précise n'avait encore été effectuée.
Dans son numéro 43 du premier trimestre 1993, la revue "Facteur Santé", revue de la "Nouvelle Association Française des Sclérosés en Plaques" fit paraître un article titré :
Grossesse et Sclérose en Plaques
dans lequel on pouvait lire ceci :
"Or, aucune étude prospective d'envergure n'a été réalisée sur ce sujet qu'il est cependant important de connaître avec précision, de façon à pouvoir informer et conseiller les jeunes malades qui souhaitent avoir un enfant.
C'est ainsi que le projet PRIMS (Pregnancy Multiple Sclerosis) a pris corps dans le cadre de l'Action concertée européenne contre la Sclérose en Plaques."
Il était précisé que les informations seraient centralisées dans la base de données EDMUS implantée dans le service de neurologie de Lyon.


Le 1er février 1994, "Le Quotidien du Médecin" a fait paraître un article titré :
On recherche des femmes enceintes atteintes de Sclérose en Plaques
Cet article rappelait que l'Enquête PRIMS avait été mise sur pied pour connaître l'influence de la grossesse sur la Sclérose en Plaques.
Ce n'est que le 17 février 2002 que "Le Quotidien du Médecin" a publié un grand article avec ce titre :
La grossesse n'augmente pas le risque de poussée
Il précisait :
"Les femmes atteintes de Sclérose en Plaques se posent de nombreuses questions quant aux risques d'une grossesse.
Il est possible de les rassurer puisque la grossesse ne favorise pas les poussées et qu'elle n'a pas d'impact sur la progression du handicap."
Il aura fallu attendre 2002 et près de 40 ans pour que les professeurs spécialistes de la Sclérose en Plaques rassurent les jeunes malades.
Ce que j'avais pu faire dès 1969.
Le combat du Dr J-P Maschi

« Pollution électromagnétique et Sclérose en Plaques », livret de 97 pages rédigé par le Dr Jean-Pierre Maschi en 2008 pour le traitement naturel et l'amélioration de la Sclérose en Plaques et pour la vérité sur le scandale sanitaire lié à la Sclérose en Plaques et à la pollution électromagnétique.

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