Il est très difficile de faire accepter des idées scientifiques nouvelles ...
TROISIEME PROCES POUR EXERCICE ILLEGAL DE LA MEDECINE
Dans le courant du mois de décembre 1976, j'avais reçu à mon cabinet médical la visite d'un Inspecteur de Police. Il venait m'informer que le Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes avait porté plainte contre moi pour exercice illégal de la médecine.
Naturellement, je reconnus les faits et priais même cet Inspecteur d'interroger les quelques malades présents dans ma salle d'attente.
A plusieurs reprises, cet officier de police me dit être gêné de devoir effectuer une telle démarche mais il y était contraint, la plainte ayant été portée par le Président de ce Conseil.
Il me fit remarquer que ce médecin avait bien spécifié que j'étais vraiment docteur en médecine, que j'avais fait régulièrement toutes mes études médicales. Mais il était obligé de porter plainte contre moi, car radié à vie en 1968, je continuais toujours à exercer.
Cet Inspecteur m'assura que ce médecin n'avait porté aucune accusation grave, parlant de moi comme d'un Confrère, si ce n'est d'un ami.
Décidément, mes adversaires étaient de plus en plus déconcertants.
Je ne cachais pas mon étonnement et dis à cet Inspecteur de Police ce que je pensais de l'attitude des Membres du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes des Alpes-Maritimes et plus particulièrement de son actuel Président.
Je lui fis un bref récit de ma confrontation avec ces médecins le 3 avril 1968 à Nice et de la séance du 17 novembre 1968 au Conseil Régional à Marseille qui, ce jour-là, avait décidé ma radiation à vie.
Je rappelais qu'au cours de cette séance, un médecin avait répondu que mes malades ne l'intéressaient pas à mon avocat qui faisait remarquer qu'il y avait près de 500 malades qui souhaitaient être examinés.
Ce médecin était maintenant devenu le Président du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes qui portait plainte contre moi. Comment osait-il prétendre qu'il me considérait même comme un ami ?
L'Inspecteur de Police était très étonné par tout ce que je lui disais. J'ajoutais que les rapports erronés et les accusations mensongères des membres de ce Conseil étaient en grande partie responsables de ma radiation à vie.
Pour terminer, je rappelais qu'à l'occasion de mes deux précédents procès pour exercice illégal de la médecine, aucun des médecins, membres de ce Conseil, n'avait eu le courage de venir assister aux débats.
En quittant cet Inspecteur de Police, je lui fis remarquer que je ne voyais aucun inconvénient à ce qu'il fasse état de ma déclaration dans son Rapport.
J'annonçais rapidement à mon avocat la nouvelle plainte et lui fis un compte rendu de mon entrevue avec l'Inspecteur de Police. Il approuva mon initiative d'avoir rétabli la vérité.
A la fin du mois de janvier 1977, j'ai été interrogé par un Juge d'Instruction auquel j'ai remis de nombreux documents et un exemplaire de mon livre "Secouru par mes malades."
Il m'indiqua que mes condamnations précédentes pour exercice illégal de la médecine avaient été amnistiées par la Loi d'Amnistie du 16 juillet 1974, votée après l'élection de M. Valéry Giscard d'Estaing à la Présidence de la République. Je ne serai donc pas considéré comme récidiviste.
Ce Juge d'Instruction accepta que des malades lui écrivent pour lui faire part des améliorations constatées en suivant mon traitement.
Depuis 1974, j'avais régulièrement correspondu avec le professeur de Tours auquel j'adressais toujours des photocopies d'articles relevés dans la presse sur la pollution électromagnétique.
Informé de ce nouveau procès, il m'assura qu'il viendrait, une fois encore, prendre ma défense à la barre.
Dans le numéro de février 1977 de "La Vie Claire", j'ai tenu à annoncer personnellement le nouveau procès dans un grand article titré : Je ne céderai pas…!
Après avoir fait un bref rappel de l'ensemble de mon affaire, je terminais cet article par ces quelques phrases :
Que je cesserai de défendre mes théories alors que dans le Monde entier des chercheurs "officiels" sont en train de les redécouvrir ?
Chaque procès sera une occasion de ridiculiser un peu plus mes adversaires. Jusqu'à ce qu'ils se lassent."
Rapidement de très nombreux malades écrivirent au Juge d'Instruction et m'envoyèrent le double de leur lettre.
J'étais satisfait de les savoir améliorés mais je constatais avec plaisir que, eux aussi, ne craignaient pas de dire ce qu'ils pensaient de mes, ou plutôt, de nos adversaires communs.
Quand j'avais été interrogé en janvier 1977 par le Juge d'Instruction, je pensais que le procès se déroulerait à l'automne de cette même année. Mais au début de l'année 1978, aucune date n'avait encore été fixée. Qu'attendait-on ? Peut-être que la nouvelle équipe du Conseil soit bien en place.
Des élections avaient eu lieu le 12 février 1978, pour un renouvellement partiel de ce Conseil qui comprenait maintenant 21 membres et dont le Président n'était plus le médecin qui avait porté plainte.
L'instruction avait été particulièrement longue. Enfin, le 8 juin, j'ai reçu une citation à comparaître à l'audience du 9 octobre 1978.
Le Tribunal était présidé, comme en 1974, par le même Président qui connaissait parfaitement mon affaire. C'est lui qui m'avait fait remarquer que Pasteur avait, lui aussi, eu du mal à faire admettre ses idées.
Le procès ayant été annoncé quelques jours auparavant par plusieurs stations radio et par notre chaîne locale de télévision, les journalistes étaient déjà nombreux quand j'arrivais, ce 9 octobre, au Palais de Justice. Il y avait aussi mes proches et beaucoup de malades. Mon avocat et le professeur de Tours étaient persuadés que ce procès se déroulerait aussi bien que les deux précédents.
La salle d'audience était archicomble.
Face à moi, le banc de la partie civile était vide. Ni médecin, ni leur avocat.
Le Président m'appelle rapidement à la barre.
Il rappelle que j'exerce illégalement alors que le Conseil Régional Provence Côte-d'Azur Corse m'avait radié à vie en 1968. Et précise que mes malades sont satisfaits de mes soins, les preuves en sont les centaines de lettres de témoignage qui sont devant lui, avec un exemplaire de mon livre. Le Président me demande alors d'expliquer les raisons pour lesquelles je continuais à exercer illégalement.
En me présentant à la barre, je n'avais aucune idée de ce que j'allais déclarer. Pourtant ma déposition va durer plus d'une demie heure.
En voici quelques passages.
Je ne crains pas de le déclarer devant ce Tribunal, les Rapports du Conseil de l'Ordre des Médecins, à Nice, à Marseille et à Paris ainsi que le Rapport du Conseil d'Etat ne sont qu'un tissu de mensonges.
Je l'ai écrit dans mon livre. Tout est faux."
Je m'attendais à une protestation du Président. Je venais de porter de très graves accusations, non seulement contre le Conseil de l'Ordre des Médecins mais également contre le Conseil d'Etat.
Rien. Pas la moindre réaction.
Je rappelle alors comment j'ai été amené à prendre conscience de l'existence de la pollution électromagnétique et à mettre au point un traitement.
Et précise :
J'ai été accusé de charlatanisme parce que j'utilise une même thérapeutique pour traiter des affections en apparence tout à fait différentes.
Il m'est apparu que ces maladies qui étaient sensibles à un même facteur, les changements de temps qui s'accompagnent de modifications électriques de l'air, pouvaient avoir une cause unique : la pollution électromagnétique.
Si, il y a 100 ans, un médecin avait affirmé qu'il pouvait traiter avec la même thérapeutique une otite, une furonculose, une pneumonie, une infection urinaire, on aurait dit aussi : Il est fou.
Aujourd'hui, sachant que toutes ces maladies sont causées par des microbes et que ces microbes sont détruits par les antibiotiques, on ne s'étonne plus de les traiter d'une façon identique."
Les Membres du Tribunal m'écoutent et me laissent parler sans m'interrompre. Manifestement, ils sont intéressés par ma déposition.
J'évoque alors les Enquêtes effectuées par les cinq experts désignés par le Ministre de la Santé.
Après l'annonce des résultats de la première enquête, j'ai demandé une contre-expertise. Les mêmes experts ont été nommés !
Avez-vous déjà vu cela, Monsieur le Président, une contre-expertise effectuée par les mêmes experts qui ont procédé à la première expertise ?"
Le Président ne répond pas à ma question mais je sais fort bien que dans une Juridiction civile de tels procédés sont inconcevables.
J'avais déjà joint à mon dossier beaucoup d'articles de presse sur la pollution électromagnétique mais j'avais apporté les photocopies de quelques articles parus assez récemment que je remets au Président en indiquant que tous ces travaux sont les preuves de la justesse de mes hypothèses.
J'ai beaucoup parlé. Il faut conclure.
Cela ne m'importe absolument pas. Depuis longtemps, je suis passé au-dessus de tout cela.
Tous les ennuis occasionnés par mes confrères me donnent, au contraire, plus de force pour lutter et les dénoncer, car je considère, depuis longtemps, que mon affaire est tellement énorme qu'elle en est devenue aberrante et ridicule.
Jamais je n'abandonnerai mes malades.
Je continuerai à les défendre et à dénoncer les dangers de la pollution électromagnétique."
Ma déposition est terminée.
Le Tribunal m'a laissé parler longuement et librement. J'ai pu dire à ces Magistrats ce que je pensais de toutes mes accusations et de mes accusateurs.
Je regrettais cependant qu'aucun membre du Conseil de l'Ordre des Médecins ne soit présent.
En rejoignant ma place, je constate que leur avocat est assis au banc de la partie civile. J'espère qu'il était arrivé sans trop de retard, cette fois, pour entendre ce que j'avais déclaré.
Mon avocat est très satisfait de ma déposition.
Voici ce qu'un journaliste, dans un article paru le lendemain du procès, a écrit au sujet de ma déposition :
Un Docteur Maschi incisif ? Non meilleur que cela encore. D'accusé il devient accusateur.
Il dénonce le système professionnel médical.
Calme, imperturbable, le Docteur Maschi prouve par les publications parues sur les problèmes de la pollution électromagnétique, le bien-fondé de ses théories réfutées par les officiels français".
Une fois encore nous avions demandé à une dizaine de malades de venir témoigner à la barre.
Les uns après les autres ils décrivent les améliorations constatées par application de mon traitement.
Les questions posées par le Président sont les preuves de l'intérêt qu'il porte à leurs observations.
Le professeur de Tours fait ensuite sa déposition. Comme en 1971 et 1974 il rappelle de quelle façon il m'avait connu par l'intermédiaire d'une de ses amies, sclérosée en plaques, très améliorée par mon traitement.
A ce sujet, il précise :
J'ai fait connaissance du Docteur Maschi car je voulais voir s'il était un médecin capable de dialoguer sur le plan scientifique.
Or, il discute très bien et s'est montré très ouvert."
Le professeur fait alors remarquer au Président que pour la troisième fois, il était venu spécialement à Nice. Pour la troisième fois, il constatait, avec regret, qu'aucun médecin n'était présent aux débats.
Il aurait été très intéressé de dialoguer avec ces médecins pour connaître exactement les arguments qui leur avaient fait porter, contre moi, l'accusation très grave de charlatanisme.
Il ne faut pas perdre de vue que l'Homme est indissolublement lié à l'Univers dans lequel il est plongé.
Et c'est ce qu'a montré le Docteur Maschi."
Le Président demande alors au Professeur si mes théories lui paraissent sérieuses.
C'est une affaire sérieuse où cependant un travail énorme reste à faire.
Je suis venu ici, soutenir une cause humaine. C'est avant tout mon devoir."
Tout le monde avait écouté ce professeur avec beaucoup d'attention et il est bien certain qu'il aurait pu parler encore longtemps.
La parole est alors donnée à l'avocat du Conseil de l'Ordre des Médecins qui, cette année-là, était le Bâtonnier du Barreau de Nice.
Je suis seul ici devant une salle remplie de gens de bonne foi qui ont été soignés par le Docteur Maschi.
Mais nous sommes en présence de textes, de faits précis. D'ailleurs le Docteur Maschi ne s'en cache pas.
Nous avons le devoir d'intervenir, c'est la raison pour laquelle je vous demande, Monsieur le Président, d'entrer en condamnation."
L'avocat du Conseil de l'Ordre des Médecins se plaignait d'être seul dans cette salle. Il n'avait qu'à demander à ses clients de venir l'épauler.
Mais une fois encore les Membres de ce Conseil avaient fui les débats.
Après sa courte déposition, le Bâtonnier quitte le banc de la partie civile qui se retrouve, à nouveau, vide.
Immédiatement après son départ, le Substitut du Procureur prend la parole.
Derrière ce procès qui paraît d'une simplicité enfantine, s'agitent des réalités qui sont très chères, non seulement au Docteur Maschi mais également à tous ses malades et à tout ce qui concerne l'Homme, quel qu'il soit.
Il faut qu'on le sache. C'est le dernier privilège de la magistrature française debout, que la parole soit libre et que même si on déplait, on a encore le droit de dire ce que l'on pense. Et depuis trente ans, je m'attache à cela."
Le Substitut rappelle alors que ce procès le rajeunit de vingt cinq ans. A l'époque, à Nancy, il avait eu la charge de requérir contre Maurice Mességué qui soignait par les plantes.
Il aurait pu aussi rappeler que le guérisseur était défendu par l'avocat qui maintenant me défendait.
Il précise :
Voilà le drame. Il est là.
C'est l'extraordinaire opposition de la Science pure et de l'Ordre des Médecins. Et c'est au nom de la Science pure qu'il dit : "Laissez-moi chercher."
Le citoyen français commence à en avoir assez, car il a conscience qu'on le dupe. Hier, au nom de la Science on savait exactement quels colorants pouvaient entrer dans la composition de tels produits.
Maintenant on dit :"Des colorants ? Attention, machine arrière !"
Nous ne sommes pas, comme certains esprits veulent le faire penser, un peuple politique qui attend tout de la Science.
Nous sommes des hommes et des femmes avec leurs qualités et leurs défauts. Et de la Science, nous ne faisons pas, non plus, une idolâtrie.
C'est ce que le Conseil de l'Ordre des Médecins doit comprendre.
La Médecine est une science relative. Elle voudrait être un art. elle en sera, peut-être, un demain."
Non, je ne rêvais pas. L'homme qui parlait était bien le Substitut du Procureur. Le magistrat qui était normalement là pour m'accuser.
Je me tourne vers mon avocat qui me fait un petit signe de satisfaction et qui était tout aussi étonné que moi.
Après avoir rappelé que j'exerçais illégalement la médecine depuis 1969, le Substitut du Procureur déclare :
Alors là, il est certain que c'est un procès contre nature.
Car que faire ? Va-t-il fermer sa porte, alors que les gens viennent le voir et qu'avec ses sept années d'études de médecine et sa thèse il sait soulager le malheur humain.
Voilà le problème et comment alors, allez-vous le sanctionner ? Ce n'est pas facile du tout.
Il n'est pas plus question ici de le soutenir aujourd'hui, que de parler de charlatanisme.
Je suis certain que le Docteur Maschi aime ses malades et qu'il ne veut pas porter l'estocade à ceux qui se trompent. Car c'est un homme humble et bon.
La position du Ministère Public, aujourd'hui, quelle est-elle ?
Il y a un maximum et un minimum légal. La loi est là. Je ne peux pas pousser le Tribunal à s'opposer à la loi."
Monsieur le Substitut ne peut pousser le Tribunal à s'opposer à la Loi, mais on sent nettement qu'il regrette de ne pouvoir donner un tel conseil.
Pour terminer, il s'adresse directement à moi :
Vous avez beaucoup souffert et vous allez encore souffrir.
Le vœu que nous faisons est celui-ci : aurez-vous la patience d'attendre pour faire admettre vos idées et votre thérapeutique ?
Si vous avez raison, vous l'emporterez."
Ce long Réquisitoire a été écouté dans le plus grand silence par un auditoire manifestement ahuri. Mais à peine le Substitut a-t-il fini de lancer ses encouragements à mon intention que les applaudissements éclatent.
Le Président intervient :
Mais comment le public aurait-il pu exprimer autrement sa satisfaction ?
Non seulement Monsieur le Substitut avait pris ma défense mais il avait, en plus, stigmatisé le comportement du Conseil de l'Ordre des Médecins et de ceux qui monopolisent la recherche au nom de la Science et se trompent souvent.
Ma satisfaction était, naturellement, très grande mais incomplète. J'aurais tellement voulu voir la réaction du Bâtonnier s'il avait été encore là.
Et elle aurait été totale si les Membres du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes avaient été là, eux aussi.
Une fois encore, ils avaient fui les débats mais ne pourraient ignorer longtemps ce qui venait de se passer dans ce Palais de Justice car, le jour même, à la radio, à la télévision régionale et le lendemain dans la plupart des quotidiens français les journalistes ont souligné cet inattendu Réquisitoire, par des phrases telles que celles-ci :
Silence et stupeur sont les deux termes qu'il convient parfaitement d'utiliser et c'est bien la première fois qu'un Procureur se fait l'avocat de la défense."
Sans tarder, mon avocat prend la parole. Comme les fois précédentes, il va la garder durant près de deux heures.
Il attaque d'emblée :
C'est la question que je me permets de poser. Le Conseil de l'Ordre des Médecins ou le Docteur Maschi ?
Cette affaire n'est que la vindicte d'une organisation ordinale qui s'acharne depuis des années contre l'un des siens qui est seulement coupable d'avoir eu raison trop tôt.
Nous avons une situation bloquée. Elle est tellement bloquée que l'accusation elle-même prend le ton de l'Apôtre en conseillant au Docteur Maschi, qui souffre, d'avoir de la patience."
Il rappelle alors, les unes après les autres, toutes les démarches effectuées depuis 1968 et en arrive à la dernière plainte du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes.
Cette plainte mérite qu'on s'y arrête.
Une première fois, le 25 mars 1976, le Président de ce Conseil avait écrit au Procureur de la République pour lui signaler que j'exerçais illégalement.
Sept mois plus tard, il n'y avait pas encore de suite à cette lettre.
Le 23 octobre 1976, le Président du Conseil de l'Ordre écrit à nouveau au Procureur. Devant cette insistance, le Parquet avait envoyé un Inspecteur de Police chez le Président du Conseil de l'Ordre des Médecins qui, en novembre, confirma sa plainte.
Le Parquet est alors obligé de poursuivre.
Mon avocat explique :
Le Président lui a répondu : "Voilà où est le drame."
Cette révélation entraîne un mouvement d'indignation dans la salle.
Pour le Substitut du Procureur, le drame était de devoir me condamner, dans un procès contre nature. Pour le Président du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes, le drame était que mes malades soient améliorés et osent le dire.
Mon avocat stigmatise alors l'attitude de ce Président et des autres Membres de ce Conseil qui, depuis des années, ont fait preuve d'un mépris révoltant à l'égard de mes malades.
Il lit des passages de quelques lettres prises parmi les six cents lettres reçues par le Juge d'Instruction.
La lecture de ces lettres lui permet d'attaquer l'ensemble de mes adversaires car ce sont des lettres semblables qui ont été adressées, depuis des années, aux successifs Ministres de la Santé, au Conseil d'Etat.
On sentait que mon défenseur aurait pu encore parler longtemps et qu'il serait écouté avec attention et même avec satisfaction par les Magistrats et le Public. Mais il fallait bien conclure.
S'adressant au Président, il déclare :
Je remets le sort du Docteur Maschi entre vos mains, persuadé, Monsieur le Président, qu'il n'encourt pas devant vous un sort plus grave que celui qu'il a encouru jusqu'à maintenant."
Le Procès est terminé. Pas tout à fait.
A peine revenu à mes côtés, mon avocat me dit d'aller rapidement remercier le Substitut du Procureur, avant qu'il ne parte.
Il n'avait jamais vu, me dit-il, un Procureur prendre la défense de l'accusé de cette façon et en plus accuser les plaignants.
C'était du "jamais vu" dans un procès.
Cela méritait, vraiment de ma part, des remerciements au Substitut.
J'allais donc remercier Monsieur le Substitut du Procureur, mais suis incapable de me souvenir ce que je lui ai dit.
Il est facile d'imaginer l'émotion que je ressentais en un tel moment.
A la sortie du Palais de Justice avec mon avocat et le professeur, nous sommes très entourés et félicités. Tout le monde commente le Réquisitoire du Substitut.
Les journalistes n'en reviennent pas. Comme mon avocat, ils considèrent que c'est du "jamais vu".
Dès le lendemain, 10 octobre 1978, beaucoup de quotidiens donnent un compte rendu du procès avec des titres tels que :
- Le Ministère public refuse de requérir (Le Maine Libre)
- J'espère que vous êtes un précurseur ! lance le Procureur (France soir)
- Le Dr Maschi couvert de fleurs par le procureur(Le Meilleur)
- Nice : le procès d'une médecine qui semble avoir fait ses preuves (Le Méridional)
Tous ces articles annonçaient que le Jugement serait rendu le 23 octobre.
Le 23, retour au Palais de Justice.
J'étais condamné à 500 francs d'amende avec sursis. Dès le lendemain, le jugement était annoncé avec ce genre de titres :
- Peine de principe pour un médecin accusé d'exercice illégal de la médecine (Le Méridional)
- Nice. Peine de principe pour le Dr Maschi (Nice-Matin)
- Un médecin niçois condamné à une amende avec sursis (Var-Matin)
Tous ces articles soulignaient la légèreté de la peine alors que, d'après les textes, j'étais passible d'une amende de 3 600 à 18 000 francs.
Des quotidiens ont reproduit la déclaration que j'avais faite aux journalistes à la sortie du Palais de Justice :
Le 30 octobre prochain, je donnerai à Nice une conférence publique au cours de laquelle je préciserai ma position face à l'Ordre des Médecins qui m'a radié à vie en 1968 sans examiner un seul de mes malades, sans étudier, non plus, la thérapeutique que je leur fais suivre.
Je préciserai aussi ma position vis-à-vis des Ministres de la Santé qui, malgré toutes les mises en garde que j'ai pu leur adresser, n'ont jamais voulu tenir compte du danger de la pollution électromagnétique, alors que dans le Monde entier des scientifiques s'y intéressent depuis plusieurs années.
Enfin, je préciserai ma position face au petit groupe de neurologues français qui se sont octroyés le monopole de la recherche dans le domaine de la Sclérose en Plaques et qui, depuis 1968, ont été parmi mes plus farouches détracteurs."


Pour contacter le Docteur Jean-Pierre Maschi en tant que journaliste, veuillez téléphoner au 04.93.80.04.07 ou écrire à :
