Il est très difficile de faire accepter des idées scientifiques nouvelles ...
IL FALLAIT REAGIR IMMEDIATEMENT. "J'ENTRE EN RESISTANCE"
Scandalisé par l’attitude des membres de ce Conseil, il m’assura qu’il demanderait à témoigner devant le Conseil Régional quand la date du procès serait fixée.
Comme mon affaire ne faisait que commencer, il m'indiqua qu'il continuerait à lancer des Dépêches pour tenir au courant le Grand Public de son déroulement.
Il me conseilla de prendre rapidement contact avec un avocat et m'indiqua un avocat du Barreau de Nice qui, depuis des années, était le défenseur du célèbre guérisseur, Maurice Mességué, véritable précurseur du renouveau des traitements par les plantes.
Cet avocat était également député et avait déposé un projet de loi visant à faire reconnaître, en France, une "médecine libre" ce qui existait déjà en Allemagne où les médecines naturelles étaient utilisées légalement par des "heil pratikers".
Très rapidement j'ai rencontré cet avocat. Il connaissait déjà mon affaire le journaliste de l'Agence France-Presse lui en ayant déjà parlé à plusieurs reprises.
Après lui avoir fourni les grandes lignes de mon affaire, je lui ai indiqué de quelle façon s'était déroulée ma récente convocation au Conseil de l'Ordre des Alpes-Maritimes qu'il trouva révoltante.
Naturellement, il accepta de prendre ma défense.
D'après cet avocat mes malades devraient être pour moi de précieux défenseurs. Il fallait que je puisse réunir le maximum de témoignages écrits de la part de malades améliorés. Et si possible, de désigner un malade qui pourrait être le porte-parole de l'ensemble de ces malades.
En 1967, un des premiers malades à avoir été très amélioré par mon traitement était un homme de 73 ans, souffrant d'une affection osseuse très handicapante. Au bout de quelques mois de traitement, il avait pu remener une vie normale.
Il avait fait partie du petit groupe de malades présenté en octobre 1967 à l'Hôpital Pasteur. Depuis l'information du 13 mars, il avait apporté son témoignage à plusieurs journalistes.
C'était un ancien conseiller juridique parisien venu prendre sa retraite à Nice.
Je l'ai rencontré et lui ai indiqué ce que l'avocat m'avait expliqué. Immédiatement il accepta de recevoir les lettres de témoignage de mes malades et d'être ensuite leur porte-parole.
J'ignorais quelles seraient les suites de mon affaire mais une personne m'avait remis récemment un livre titré "Les charlatans de la médecine" du Docteur d'Autrec.
Ce livre fut pour moi une véritable révélation sur ma profession et m'a fait découvrir un de ses aspects que je n'aurais jamais pu imaginer.
Ce n'était pas un ouvrage encourageant. Des exemples étaient donnés. Médecins pourchassés par l'Ordre des Médecins et la Justice. Radiés à vie et traînés devant les Tribunaux quand ils continuaient à exercer malgré leur radiation. Perquisitions policières à leurs domiciles, confiscation du matériel utilisé, fortes amendes et même emprisonnement.
Qu'avaient fait ces médecins ?
Pour traiter leurs malades ils utilisaient des thérapeutiques, non reconnues en France, alors que la plupart l'étaient dans d'autres pays.
Devant ces attaques impitoyables des médecins avaient quitté la France et cherché refuge à l'étranger. D'autres n'ayant plus le courage de lutter, s'étaient suicidés. Mais il y en avait aussi qui continuaient à faire face et traitaient toujours les malades qui s'adressaient à eux.
Le livre n'était pas réjouissant mais il me montra la voie à suivre si un jour j'étais, moi aussi, radié à vie.
Je resterai en France. Je continuerai à exercer illégalement. Je résisterai à toutes les attaques et je dénoncerai mes adversaires.
Pour l'auteur du livre, les charlatans n'étaient pas les médecins poursuivis mais les médecins qui les poursuivaient.
Depuis plusieurs mois je remettais à chacun de mes malades un texte titré "Maladies de civilisation et pollution électromagnétique" dans lequel je fournissais des explications sur cette pollution, sur la Sclérose en Plaques et sur ma thérapeutique.
Je décidais alors de rédiger un deuxième texte dans lequel je ferai un résumé du déroulement de mon affaire et qui serait régulièrement complété par les nouveaux événements. Dans ce texte, remis également à chaque malade, je donnerai les noms des personnes mises en cause.
Quelques jours après la réunion du 3 avril au Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes, j'ai appris que le Président de ce Conseil, le Ministre de la Santé et le Préfet des Alpes-Maritimes avaient déposé des plaintes contre moi, pour publicité et charlatanisme.
Considérant sans doute qu'une seule plainte n'était pas suffisante, peu de temps après, le Ministre de la Santé déposa une deuxième plainte.
La machine était en marche et mes "adversaires" avaient d'emblée tapé très fort.
J'étais naturellement désolé de la tournure prise par mon affaire mais les accusations mensongères, les insultes de ces médecins avaient pour moi assez peu d'importance.
Pour une raison évidente.
Chaque jour, à ma consultation, je continuais à voir des malades améliorés et satisfaits de suivre mon traitement.
Je devais me persuader que, dès maintenant, "j'étais entré en résistance".
Bien que le Ministre de la Santé n'ait pas répondu à ma demande de création d'une Commission chargée d'examiner mes malades, je lui ai écrit une nouvelle fois en lui faisant remarquer qu'ayant plus de 400 malades améliorés à présenter, il serait logique qu'ils soient examinés avant ma comparution devant le Conseil Régional.
Cette fois, encore, ma lettre est restée sans réponse.
Au mois de mai 1968, j’ai également écrit au Général de Gaulle, Président de la République, pour lui faire part de la situation très particulière dans laquelle je me trouvais, bien malgré moi. Je lui réclamais naturellement la création d’une Commission d’Enquête.
La Présidence de la République m’a répondu qu’elle transmettait ma lettre… au Ministère de la Santé.
Comme me l’avait conseillé mon avocat, j’ai rapidement écrit à certains de mes malades et leur ai demandé d’écrire au conseiller juridique en décrivant les améliorations constatées après avoir suivi mon traitement.
En quelques semaines, le porte-parole reçut, de toute la France, plus de 500 lettres. Les malades décrivaient les améliorations de leur état et la plupart étaient très critiques à l’égard des Conseillers de l’Ordre des Médecins, du Ministre de la Santé et du professeur spécialiste de la Sclérose en Plaques. Ils étaient révoltés qu'on refuse de les examiner.
Pour eux, une telle attitude était scandaleuse. Le porte-parole des malades communiquait régulièrement ces lettres à mon avocat et au journaliste de l’Agence France-Presse.
Fort de ces lettres, entre le mois de mai et le mois de novembre 1968, j’ai adressé quatre requêtes au Président de la République en réclamant, à chaque fois, la création d’une Commission d’Enquête.
Toutes mes lettres ont été transmises au Ministre de la Santé sans que celui-ci ait donné suite à mes demandes.
Un médecin des Alpes de Haute-Provence avait été désigné comme Rapporteur de mon affaire.
Je lui ai adressé de nombreux documents sur la pollution électromagnétique, sur la Sclérose en Plaques et les résultats obtenus par mes malades.
Je lui ai fait aussi un récit détaillé des événements survenus depuis l’époque où j’avais présenté des malades à l’Hôpital Pasteur.
Et naturellement je lui ai indiqué que plus de 400 malades désiraient être examinés par une Commission d’Enquête.


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