Il est très difficile de faire accepter des idées scientifiques nouvelles ...
PROCES POUR EXERCICE ILLEGAL DE LA MEDECINE
Tous les moyens avaient été tentés pour m'empêcher de traiter mes malades. Cela n'avait servi à rien. Je continuais à exercer illégalement. Sans me cacher. Mon cabinet médical est situé, au centre de Nice, dans un immeuble où exerçaient également mon frère aîné pédiatre, son épouse gynécologue et mon épouse chirurgien dentiste. Au bas de cet immeuble, il y avait, depuis des années, nos 4 plaques.
Il était hors de question que j'enlève la mienne.
Je m'attendais donc à ce qu'un jour le Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes porte plainte contre moi pour exercice illégal de la médecine.
Officieusement, j'ai été informé qu'une plainte avait été déposée le 25 juillet 1970.
Pour mes 3 "conseillers" niçois, cela était une excellente nouvelle. Mes malades pourraient témoigner publiquement et nous aurions la possibilité de dénoncer les mensonges et les irrégularités commises, depuis plus de deux ans, par mes différents adversaires.
La plainte fut annoncée par "La Vie Claire" par un article titré :
"Enfin ! Six cents malades vont pouvoir se faire entendre."
Cela était exact. Mais, personnellement, j'aurais encore de bien pénibles moments à passer.Après des mois d'attente, le 10 novembre 1970, j'ai fait une déposition devant un Commissaire principal qui connaissait depuis longtemps mon affaire. Le Commissariat où j'étais interrogé est situé en face de mon immeuble.
Ce Commissaire principal était très intéressé par ce que je lui expliquais et me demanda la possibilité d'interroger certains de mes malades.
Quelle différence entre cet interrogatoire par ce Commissaire principal et mes confrontations avec les Conseillers de l'Ordre des Médecins qui m'avaient insulté et répétaient sans cesse que mes malades ne les intéressaient pas.
Le 11 février 1971, j'ai comparu, cette fois, devant un Juge d'Instruction, au Palais de Justice de Nice.
Lui aussi, m'a reçu aimablement. Il m'a interrogé sur l'ensemble de mon affaire et je n'ai pas manqué de préciser que 5 experts, désignés par le Ministre de la Santé, avaient tenté de me faire passer pour un déséquilibré mental.
Ce Juge me proposa alors de me faire soumettre à une expertise psychiatrique. Très poliment je l'ai remercié de cette proposition mais lui ai fait remarquer, en plaisantant, qu'à mon avis il serait peut-être plus utile de faire subir un tel examen à chacun de mes adversaires.
Lui ayant fait part de mes rencontres avec le professeur de Tours, il accepta de le désigner comme expert dans mon affaire et m'indiqua qu'il allait prendre, très rapidement, contact avec lui.
Il accepta aussi que certains de mes malades lui écrivent pour témoigner des améliorations constatées en suivant mon traitement.
L'instruction s'est encore poursuivie durant plusieurs mois. Enfin, le 14 mai, j'ai reçu une "Assignation à comparaître devant le Tribunal de Grande Instance de Nice le mardi 29 juin 1971".
Quelles étaient les peines encourues pour l'exercice illégal de la médecine ?
Une amende de 3 600 F à 18 000 F. En cas de récidive une amende de 18 000 F à 36 000 F et un emprisonnement de 6 jours à 6 mois ou de l'une de ces deux peines seulement.
Durant toute l'instruction j'avais été assisté par mon avocat qui m'assurait que le procès se déroulerait dans d'excellentes conditions.
Nous nous demandions quels seraient les Membres du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes qui viendraient assister aux débats. Sans doute le Président qui, le 3 avril 1968, m'avait accusé de porter ombrage à l'honneur de ma famille, de la médecine niçoise et de la médecine française.
Il serait peut-être accompagné par le Vice-Président de ce Conseil qui, le 17 novembre 1968, au Conseil Régional, avait répondu à mon avocat :
"Mais les malades du Dr Maschi ne nous intéressent pas."
Ce procès allait être pour eux, l'occasion de répéter, publiquement, les très graves accusations qu'ils portaient contre moi depuis trois ans.
Quelque temps avant le procès, j'ai, à nouveau, été convoqué par le Juge d'Instruction. Il m'a alors remis la photocopie d'un Rapport de 4 pages qui lui avait été adressé par le professeur de Tours.
Celui-ci reconnaissait l'ensemble de mes idées bien que je les ai exprimées dans un "langage peu scientifique". Il donnait un compte rendu des observations faites sur ma malade venue subir des examens à son laboratoire.
Dans ce long Rapport, ce Professeur avait écrit :
"Par ailleurs, j'ai rencontré le Docteur Maschi. Il m'a paru très idéaliste, convaincu et animé du désir de trouver une solution au problème dramatique de ces malades.
J'ai l'impression qu'à ce niveau, un dialogue avec le corps médical lui a manqué.
Le problème me paraît à ce niveau se situer ainsi : le Docteur Maschi se présente comme ayant une "Grande idée" et veut en faire bénéficier ces malades particulièrement difficiles."
Manifestement, le Juge d'Instruction était satisfait du Rapport de ce professeur et j'étais, personnellement, ravi de connaître l'opinion que celui-ci avait sur moi.
J'ai naturellement communiqué ce Rapport à mon avocat, au porte-parole de mes malades et au journaliste de l'Agence France-Presse.
Plus de 500 de mes malades avaient écrit au Juge d'Instruction et chaque malade m'avait adressé un double de sa lettre. La lecture de ces lettres avait fait disparaître l'appréhension que j'avais, en pensant à l'idée de me retrouver devant un Tribunal.
Mon avocat jugea utile de faire témoigner à la barre une dizaine de mes malades.
Dès le 28 juin 1971 le procès était annoncé par plusieurs quotidiens et par Radio Monte-Carlo.
Le 29 juin était enfin arrivé.
Quand je suis arrivé au Palais de Justice, beaucoup de monde dans la salle des pas-perdus. Chacun m'assurait que tout allait très bien se passer. Le professeur de Tours avait tenu à venir prendre ma défense à la barre.
Avec mon avocat, nous avons alors pénétré dans une salle d'audience archicomble. Beaucoup de journalistes sur les bancs de la presse. Mais le banc de la partie civile était vide. Aucun médecin et il n'y avait même pas l'avocat du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes.
Pour mon avocat l'absence de ces médecins était la preuve de leur lâcheté.
Le procès allait durer plus de quatre heures.
Le Président du Tribunal était le magistrat français considéré comme le plus compétent en matière de droit médical.
Le premier, je suis appelé à la barre. Dans ma déposition, d'une demi-heure environ, j'ai résumé toute mon affaire. Ni le Président, ni le Substitut du Procureur ne m'ont interrompu pour me poser des questions.
Les dix malades sont ensuite appelés à la barre, parmi lesquels la boulangère du Vieux-Nice et le porte-parole de mes malades.
Le professeur de Tours vient ensuite à la barre. Durant près d'une heure, sa déposition est écoutée dans un silence total. Le lendemain, l'ensemble de la presse souligna la haute probité intellectuelle et morale qui s'était dégagée de cette longue déposition.
Au cours de sa déposition, ce professeur regretta l'absence des médecins avec lesquels il aurait bien voulu pouvoir dialoguer.
Le Député, qui était intervenu à plusieurs reprises auprès du Ministre de la Santé, avait manifesté son désir de venir témoigner au procès. Il est alors appelé et ne cache pas son indignation de constater de quelle façon mon affaire avait été conduite depuis plus de deux ans.
La parole est alors donnée à l'avocat du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes.
Il s'excuse d'abord d'être arrivé en retard mais explique qu'il avait totalement oublié la date de l'affaire. Le Conseil de l'Ordre ne lui avait confié cette affaire que tout récemment, 2 ou 3 jours au plus. Cela était ahurissant alors que la plainte avait été déposée un an plus tôt, le 25 juillet 1970.
Il indique qu'il est très étonné par tout ce qu'il venait d'entendre, principalement par la longue déposition du professeur de Tours et ajoute :
"Nous n'avons aucun sentiment d'hostilité, nous sommes persuadés de la bonne foi du Docteur Maschi que nous pouvons féliciter sur le plan humain.
Il paraît avoir eu une magnifique intuition qui mérite un examen en laboratoire."
Il termine en demandant, quand même, ma condamnation et 1 franc de dommages-intérêt.Il paraît avoir eu une magnifique intuition qui mérite un examen en laboratoire."
Toute la salle est stupéfaite par l'invraisemblable déclaration de l'avocat des médecins qui, depuis trois ans, s'étaient acharnés contre moi.
Il osait déclarer que ces médecins n'avaient aucun sentiment d'hostilité à mon encontre et me félicitait pour ma magnifique intuition. Cet avocat devait normalement m'attaquer et il n'avait fait que mon éloge !
Le Substitut du Procureur prend ensuite la parole. Mon avocat m'avait averti qu'il était connu pour son extrême sévérité.
Voici comment il débuta son réquisitoire :
"Nous sommes gênés pour effectuer notre devoir.
Jamais mes poursuites n'ont été contestées avec autant de sincérité et d'émotion."
Mais il précise que, tenu par les textes, il était obligé de demander ma condamnation.Jamais mes poursuites n'ont été contestées avec autant de sincérité et d'émotion."
La parole est alors donnée à mon avocat. Il va la garder durant près de deux heures.
Rappelant les principales étapes de mon affaire, il dénonce l'action des Conseillers de l'Ordre des Médecins qui, par des rapports mensongers, étaient parvenus à obtenir ma radiation à vie.
Il attaque aussi les Décisions du Ministre de la Santé, des Conseillers d'Etat et l'action des spécialistes de la Sclérose en Plaques.
Il souligne naturellement le manque de courage des Membres du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes qui, après avoir porté plainte contre moi, fuyaient les débats.
Au cours de sa longue plaidoirie, il a rappelé que le Conseil de l'Ordre des Médecins, et ses pouvoirs exorbitants, était une création du Gouvernement de Vichy et la seule Institution française, créée sous l'Occupation allemande, et ayant survécu jusqu'à ce jour.
Après avoir réclamé ma relaxe, il termine en déclarant :
"On a toujours tort d'avoir raison trop tôt."
Le Président annonce alors que l'affaire est mise en délibéré et que le Jugement sera rendu le 12 juillet 1971.
Voici quelques titres relevés dans la presse du 30 juin 1971 :
- Surprise au Tribunal de Nice. L'expert à la rescousse du "Docteur Miracle" (L'Est républicain)
- Le Dr Jean-Pierre Maschi radié à vie par le Conseil de l'Ordre, acclamé par ses malades à l'issue de sa comparution pour exercice illégal de la Médecine (Le Méridional)
- Le procès du "Docteur Miracle" Le jugement sera rendu le 12 juillet (L'Union)
- Le "Docteur Miracle" niçois devant le Tribunal correctionnel (La Voix du Nord)
- "Il faut tenter de soulager les malades et considérer avec respect tout effort" souligne un expert (L'espoir de Saint Etienne)
Tous ces articles soulignaient l'attitude "étonnante" du Conseil de l'Ordre des Médecins.
Dans "Le Figaro", Yves Hilaire avait écrit :
"Et le Conseil de l'Ordre, premier responsable de l'engrenage pourrait, lui, se repentir d'avoir prononcé à l'origine un jugement qui, à l'examen, apparaît tout à la fois trop léger et trop brutal."
Depuis très longtemps, la boulangère du Vieux-Nice avait été appelée "la miraculée". Tout naturellement beaucoup de journalistes m'avaient aussi dénommé "Docteur Miracle".
Le 12 juillet, il y avait encore beaucoup de monde au Tribunal pour écouter le Président lire le Jugement. D'après les textes, j'étais passible d'une amende de 3 600 à 18 000 francs.
J'étais condamné à une amende de 200 francs !
Et encore, je n'aurais même pas à payer cette amende, le sursis m'étant accordé.
Je devais cependant verser 1 franc de dommages-intérêt au Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes.
Mon avocat fut satisfait par un tel jugement et déclara à la sortie du Tribunal :
"Les Tribunaux n'affectent jamais une amende du bénéfice de la loi de Sursis.
Ce jugement constitue une incontestable victoire du Docteur Maschi. On ne pouvait pas rendre indirectement plus bel hommage aux qualités de l'homme et aux qualités de chercheur du Docteur".
Ce jugement était tout à fait exceptionnel. Il avait en plus une très grande importance car il était rendu par le magistrat français le plus compétent en matière de droit médical.Ce jugement constitue une incontestable victoire du Docteur Maschi. On ne pouvait pas rendre indirectement plus bel hommage aux qualités de l'homme et aux qualités de chercheur du Docteur".
Le 13 juillet 1971, le Jugement était annoncé avec des titres tels que :
- Simple amende avec sursis pour le "Docteur Miracle" (L'Aurore)
- Le "Docteur Miracle" condamné à 200 F d'amende avec sursis (Sud-Ouest)
- Sursis pour le "Docteur Miracle" (Le Dauphiné Libéré)
- L'inventeur de la "Maschithérapie" est condamné à une peine de principe (L'Union)
- Condamné à 200 F d'amende avec sursis. Le Dr Maschi : je continue (Centre Presse)
Tous les articles insistaient sur le caractère tout à fait exceptionnel du sursis qui m'était accordé pour une amende aussi minime.
Un des articles se terminait ainsi :
"Assailli à la sortie du Palais de Justice par les nombreux malades qui étaient venus le féliciter, le Dr Maschi n'a pas caché qu'il continuerait d'appliquer sa thérapeutique à tous ceux auxquels il estimerait qu'elle pourrait apporter un soulagement."
Les Conseillers de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes avaient voulu ce procès. Ils ne pouvaient imaginer la tournure qu'il prendrait.
En n'assistant pas aux débats, ils s'étaient ridiculisés aux yeux de l'opinion publique. Le Jugement, d'une extraordinaire clémence à mon égard, était pour eux une gifle supplémentaire.
Le 29 juin, à la fin du procès, quelques journalistes s'étaient rendus au siège du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes-Maritimes et avaient manifesté le désir de rencontrer son Président.
Qui refusa de les recevoir.



Pour contacter le Docteur Jean-Pierre Maschi en tant que journaliste, veuillez téléphoner au 04.93.80.04.07 ou écrire à :
