Il est très difficile de faire accepter des idées scientifiques nouvelles ...
DEUXIEME PROCES POUR EXERCICE ILLEGAL DE LA MEDECINE
Au mois de février 1974 j'ai été informé que le Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes Maritimes avait une nouvelle fois porté plainte contre moi pour exercice illégal de la médecine.
Le Conseil avait maintenant un nouveau Président, qui était ce médecin qui, le 17 novembre 1968 lors de ma comparution devant le Conseil Régional, avait répondu à mon avocat qui lui faisait remarquer qu'il y avait des centaines de malades qui souhaitaient être examinés :
"Mais les malades du Docteur Maschi ne nous intéressent pas."
Ce jour là ce Conseil Régional avait décidé ma radiation à vie.L'instruction fut cette fois très simplifiée. Je n'ai pas été interrogé par un Juge d'Instruction. Mon avocat avait seulement demandé au Procureur si des malades pouvaient lui écrire. Ce qu'il accepta.
Depuis 1971 j'avais régulièrement correspondu avec le professeur de Tours et je l'avais rencontré à plusieurs reprises. Informé de cette nouvelle plainte il m'assura, immédiatement, qu'il viendrait prendre ma défense à la barre, comme en 1971.
C'est sans aucune appréhension que j'allais, ce matin là, au Palais de Justice en espérant que ce deuxième procès se déroule aussi bien que le premier.
A mon arrivée, il y avait déjà beaucoup de monde dans la salle des pas-perdus. Des membres de ma famille, des amis, des journalistes et beaucoup de malades. Mon avocat était déjà arrivé et s'entretenait avec le professeur de Tours. Celui-ci était accompagné par la malade, atteinte de Sclérose en Plaques, qui avait permis de nous rencontrer.
Quand, avec mon avocat, nous avons pénétré dans la Salle d'Audience, elle était archicomble. Mais il n'y avait aucun membre du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes Maritimes au banc de la partie civile. L'avocat de ce Conseil était également absent. Il s'était fait remplacer par son fils, un jeune avocat.
Le Président du Tribunal et ses assesseurs n'étaient pas ceux devant lesquels j'avais comparu en 1971.
Immédiatement le Président m'appelle à la barre et rappelle les faits qui me sont reprochés en précisant :
"Mais je n'ignore pas tout le bien que vos malades pensent de votre thérapeutique. La preuve en est fournie par les centaines de lettres qu'ils ont adressées au Tribunal pour apporter témoignage de l'efficacité de votre traitement".
Ces centaines de lettres étaient placées devant le Président.Après cette introduction, il fournit, lui-même, des explications sur la pollution électromagnétique et ma thérapeutique indiquant cependant que ce Tribunal n'était pas là pour juger cette thérapeutique.
Il précise alors :
"Le problème est celui-ci.
Un médecin qui a été radié peut-il continuer à exercer impunément ?"
Je reconnais alors avoir été radié à vie et exercer illégalement mais dénonce les conditions scandaleuses dans lesquelles a été décidée et confirmée cette radiation. Un médecin qui a été radié peut-il continuer à exercer impunément ?"
Et j'ajoute :
"Si j'ai continué, continue et continuerai à exercer, sans me préoccuper de ces accusations et des sanctions prises contre moi, c'est uniquement pour ne pas abandonner mes malades".
Je remets alors au Président quelques articles de presse parus récemment sur la pollution électromagnétique. Après en avoir pris rapidement connaissance, le Président me fait remarquer que Pasteur, en son temps, avait, lui aussi, eu les pires difficultés pour faire reconnaître ses idées.Je suis en mesure de reproduire très exactement les paroles prononcées lors de mes procès car ils ont été enregistrés par une sténotypiste.
Après cette comparaison très flatteuse de mon cas avec celui de Pasteur, le Président appelle à la barre une dizaine de malades et écoute avec beaucoup d'attention leurs témoignages.
Le professeur de Tours fait ensuite sa déposition. Elle va durer près d'une heure.
Il commence par indiquer dans quelles conditions nous nous étions rencontrés et précise que, dans l'ensemble, il approuve mes idées et mes hypothèses.
Il aborde ensuite le problème de ma radiation à vie qu'il va longuement commenter.
Voici quelques passages de sa déposition :
"Et je suis bouleversé voyant cet homme, profondément médecin, sentant que la médecine représente pour lui cet engagement, cette mission que je ressens volontiers lorsque je préside une thèse, au moment du Serment d'Hippocrate.
Cet homme qui est docteur en médecine, je tiens à le souligner, et de famille médicale fort honorable.
"Un homme d'une parfaite probité intellectuelle pour lequel j'ai acquis une sympathie réelle.
Et je constate qu'il se trouve dans une situation parfaitement intolérable dans laquelle, à sa place, je serais bien plus virulent qu'il ne l'est.
Et cette situation intolérable qui est la sienne, je la ressens avec une certaine peine, avec une certaine angoisse.
"Je pense que plonger à vie dans une telle situation un homme de quarante et un ans, de sa valeur et de sa qualité est une chose inadmissible. Car il est certain que le Docteur Maschi n'est pas un charlatan. Sur le plan de l'honorabilité, pour lui, c'est un drame. C'est aussi un problème humain. Et c'est de plus un problème de médecine.
Je pense qu'un médecin a le droit d'avoir des idées."
Le Président demande alors au professeur ce qu'il pense de l'attitude du Conseil de l'Ordre des Médecins.Cet homme qui est docteur en médecine, je tiens à le souligner, et de famille médicale fort honorable.
"Un homme d'une parfaite probité intellectuelle pour lequel j'ai acquis une sympathie réelle.
Et je constate qu'il se trouve dans une situation parfaitement intolérable dans laquelle, à sa place, je serais bien plus virulent qu'il ne l'est.
Et cette situation intolérable qui est la sienne, je la ressens avec une certaine peine, avec une certaine angoisse.
"Je pense que plonger à vie dans une telle situation un homme de quarante et un ans, de sa valeur et de sa qualité est une chose inadmissible. Car il est certain que le Docteur Maschi n'est pas un charlatan. Sur le plan de l'honorabilité, pour lui, c'est un drame. C'est aussi un problème humain. Et c'est de plus un problème de médecine.
Je pense qu'un médecin a le droit d'avoir des idées."
Celui-ci répond :
"Cela est aberrant.
Nous vivons un drame en la personne du Docteur Maschi.
Nous voudrions voir ouvrir un dialogue avec les membres de l'Ordre des Médecins. Or, bien qu'il ait été sollicité, ce dialogue n'existe pas et je serais très heureux d'entendre l'avocat du Conseil de l'Ordre sur ce point".
Le fils de l'avocat du Conseil de l'Ordre était sur le banc de la partie civile mais il restait muet, manifestement gêné par les attaques de ce professeur de Faculté.Nous vivons un drame en la personne du Docteur Maschi.
Nous voudrions voir ouvrir un dialogue avec les membres de l'Ordre des Médecins. Or, bien qu'il ait été sollicité, ce dialogue n'existe pas et je serais très heureux d'entendre l'avocat du Conseil de l'Ordre sur ce point".
Je ne cite que quelques passages de la longue déposition du professeur qui fut écoutée dans le plus grand silence.

Le lendemain toute la Presse souligna la haute portée de la déposition du professeur.
Le 18 juin 1974 "Nice-Matin" fit paraître un long compte rendu du procès. Après avoir résumé la déposition du professeur de Tours le journaliste avait précisé :
"Quant au Pr (x) allant jusqu'au bout de sa pensée, il n'hésite pas à évoquer Galilée à propos des difficultés rencontrées par le Docteur Maschi".
Au cours de ce deuxième procès mon cas avait été comparé à ceux de Pasteur et de Galilée !Il était vraiment regrettable que les médecins du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes Maritimes aient fui les débats comme l'avait souligné le professeur de Tours.
L'opinion de ce professeur sur l'ensemble de mon affaire rendait encore plus odieuses les accusations mensongères dont j'avais été l'objet, depuis des années, de la part de Conseillers de l'Ordre des Médecins, de Conseilleurs d'Etat, de plusieurs Ministres de la Santé et des professeurs français spécialistes de la Sclérose en Plaques.
Cette opinion renforçait encore plus le mépris que j'éprouvais à l'égard de mes adversaires.
Il était plus de midi quand l'audience a été suspendue. Elle a repris à 14 H 30.
L'avocat du Conseil de l'Ordre était, quand même, présent. Il indiqua simplement qu'il était là pour faire respecter la loi. Comme je reconnaissais exercer illégalement, il demanda ma condamnation.
Le Substitut du Procureur était une magistrate. Elle demanda, elle aussi, l'application des textes mais réclama une amende, relativement modérée.
La parole est alors donnée à mon avocat. Il va la garder durant près de deux heures.
D'emblée, il attaque :
"Je ne peux cacher ma surprise devant la brièveté de ce que je viens d'entendre dire
par la partie civile".
Il demande alors à son confrère de rester le plus longtemps possible pour l'entendre dire ce qu'il pense de l'attitude de l'Ordre des Médecins dans cette affaire.par la partie civile".
"Je le dis comme je le pense : vous avez affaire, aujourd'hui, à une des injustices les plus criantes de France.
Je le pense très sincèrement, je l'affirme sur ma robe."
Il répète même :Je le pense très sincèrement, je l'affirme sur ma robe."
"Vous avez affaire à une des injustices les plus criantes de France."
A ce moment l'avocat du Conseil de l'Ordre s'excuse auprès du Président et de son confrère et quitte la salle d'audience laissant, seul, son fils sur le banc de la partie civile.
Mon avocat profite de ce départ pour déclarer :
"Voilà justement la concertation. Les médecins déposent plainte, mais n'assistent jamais aux débats.
On leur oppose un certain nombre de malades qui témoignent. On leur oppose un titulaire de Chaire de Faculté qui vient dire ce qu'il pense.
Mais les médecins qui ont déposé plainte ne sont pas là.
Je dis que le Conseil Départemental de l'Ordre des Médecins des Alpes Maritimes se couvre de ridicule et vous me permettez de souligner que je l'ai exprimé à voix haute afin que vous puissiez le lui rapporter".
Mon avocat adresse cette remarque à son jeune confrère qui reste muet devant une attaque aussi violente. Il ajoute même :On leur oppose un certain nombre de malades qui témoignent. On leur oppose un titulaire de Chaire de Faculté qui vient dire ce qu'il pense.
Mais les médecins qui ont déposé plainte ne sont pas là.
Je dis que le Conseil Départemental de l'Ordre des Médecins des Alpes Maritimes se couvre de ridicule et vous me permettez de souligner que je l'ai exprimé à voix haute afin que vous puissiez le lui rapporter".
"Envoyer un avocat, avec tout le respect que je dois à sa robe, qui est irresponsable dans le débat, laisser le débat se dérouler sans discuter, cela est lâche, et vous êtes lâches dans ce débat.
Voilà le problème".
Lâches, ridicules, irresponsables. Voilà le problème".
Mon avocat est cinglant. Le représentant du Conseil de l'Ordre des Médecins accepte tout sans broncher.
Il devait, vraisemblablement, maudire son père de l'avoir abandonné dans cette salle d'Audience.
Après ces violentes attaques contre le Conseil de l'Ordre, mon avocat reprend, point par point, l'ensemble de mon affaire dénonçant l'action scandaleuse des Conseillers de l'Ordre des Médecins, des Conseillers d'Etat, des Ministres de la Santé et des spécialistes français de la Sclérose en Plaques.
Toujours aucune réaction de ce jeune avocat qui fait peine à voir.
Au bout de deux heures mon avocat va, quand même, conclure en demandant la création d'une nouvelle Commission d'Enquête.
Le Président annonce, alors, que l'affaire est mise en délibéré et que le Jugement sera rendu le 10 juillet 1974.
Dès le lendemain, plusieurs quotidiens donnent un compte rendu du procès soulignant la remarquable déposition du professeur de Tours, la plaidoirie très ferme de mon avocat et l'absence de réaction de la partie civile.
Le 10 juillet 1974, le Jugement est rendu.
En tant que récidiviste les peines encourues étaient une amende de 18 000 à 36 000 francs et un emprisonnement de six jours à six mois ou l'une des deux peines.
J'étais condamné à 200 francs d'amende.

Mais, en tant que récidiviste, je ne pouvais bénéficier du sursis.
A la sortie du Palais de Justice mon avocat déclara :
"Une peine de principe aussi légère est la preuve que la justice
désavoue totalement l'action du Conseil de l'Ordre des Médecins".
Personnellement j'ai annoncé que j'allais continuer à exercer illégalement.désavoue totalement l'action du Conseil de l'Ordre des Médecins".
Le Jugement fut annoncé le 11 juillet par des articles ainsi titrés.
- "Le Docteur Miracle" de Nice est condamné à une peine légère (L'Union),
- Verdict d'indulgence pour le "Docteur Miracle" de Nice (L'Est Républicain).
Un compte rendu détaillé du procès fut donné dans "La Vie Claire" et j'ai, naturellement, signalé ce deuxième procès sur le texte remis aux malades.
Comme je l'avais prévu dans la lettre que j'avais adressée le 11 octobre 1972 au Président de la République, les Membres du Conseil de l'Ordre des Médecins des Alpes Maritimes ont perdu la face aux yeux de l'opinion publique, à l'occasion de ce deuxième procès.
Pour le professeur de Tours, l'attitude du Conseil de l'Ordre était aberrante et pour mon avocat ce Conseil s'était couvert de ridicule. Il n'avait pas hésité à traiter ses membres de lâches.
La passivité de la vingtaine de médecins composant alors ce Conseil était stupéfiante.
Traités de lâches, aucun médecin n'a réagi alors qu'il aurait été très facile de justifier leur position en adressant un texte à notre quotidien local qui avait fourni un compte rendu du procès.
Mais ces médecins ont gardé le silence.
Depuis longtemps je n'éprouvais envers eux que du mépris pour leur comportement à l'égard de mes malades. Ce nouveau procès et leur manque de courage m'ont fait les mépriser également sur le plan humain.



Pour contacter le Docteur Jean-Pierre Maschi en tant que journaliste, veuillez téléphoner au 04.93.80.04.07 ou écrire à :
